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Coproduire avec l'Amerique latine, tour d'horizon.

 

L’attribution de la caméra d’or au film franco-colombien, « La terra y la sombra » réalisé par César Acevedo,  lors du dernier festival de Cannes est venu mettre en lumière les relations cinématographiques entre les deux pays, et plus largement entre la France et l’Amérique latine. En effet, chaque année de nombreux films sont coproduits entre la France et l’Argentine, la Colombie, le Mexique ou encore le Chili. Aussi allons nous revenir sur les liens unissant la France et l’Amérique latine et les possibilités qui en découlent en matière de coproduction de films.

 

France-Argentine : des relations stables

 

Si en Argentine le cinéma français reste loin derrière le cinéma nord-américain, il représente tout de même environ 1 million d'entrées par an en moyenne, sur la période 1995-2010. Surtout, le cinéma français occupe une place importante au niveau culturel en Argentine. Ainsi, le Festival international de cinéma indépendant de Buenos Aires  consacre environ 10 % de sa programmation à des films français et les festivals dédiés au cinéma français rencontrent un grand succès. A titre d’exemple  La Semaine d'Avant-Premières du cinéma français rencontre un franc succès avec un taux de remplissage proche des 80 %et une couverture de presse exceptionnelle.  

Enfin, il convient de mettre en avant l’existence depuis 2008 d’un accord d'échange entre l'Université du Cinéma  et la FÉMIS qui vient encore renforcer les liens entre les deux pays.

 

Il faut souligner ici que les deux pays bénéficient depuis 1984 d’un Accord de coproduction avec des conditions assez souples. En effet, à conditions de respecter un équilibre entre les contributions techniques et artistiques des parties : « La proportion des apports respectifs du ou des coproducteurs de chaque Partie peut varier de 20 % (vingt pour cent) à 80 % (quatre-vingt pour cent). Toutefois, avec l'accord des autorités compétentes des deux Parties, l'apport du coproducteur minoritaire peut être réduit à 10 % (dix pour cent). »

 

L’ Instituto Nacional de Cine y Artes Audiovisual, équivalent argentin du CNC dispose d’un fond d’aide de nature sélective et non remboursable. Avec un budget annuel de 4,25 millions d’euros il soutient les projets jusqu’à hauteur de 500 000 euros, sans obligation de dépenses sur le territoire.

 

L'Argentine est également un pays qui sollicite activement le soutien du Fonds Sud Cinéma (FSC) du CNC et bénéficie d’un important soutien avec une cinquantaine de projets retenus depuis la création du fonds.

 

Colombie: émergence de collaborations et grand succès 

 

En 2013, la signature d’un nouvel accord de coproduction entre la Franc et la Colombie est venu témoigner de la volonté des autorités compétentes de renforcer la coopération entre les deux pays.

 

Ainsi ce nouvel accord est venu assouplir les conditions financières et   la proportion des apports respectifs du ou des coproducteurs de chaque Partie dans une œuvre cinématographique de coproduction peut varier de 20 (vingt) % à 80 (quatre-vingt) % du coût définitif de l’œuvre cinématographique, contre des pourcentages qui était de 70%/30% auparavant.

 

L’évolution du dispositif est couronnée de succès notamment avec la sélection de « Gente de bien » de Franco Lolli, né à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes en 2014, qui a rassemblé plus de 50 000 spectateurs en France et cette année la récompense de « La tierra y la sombra ».

 

Il faut noter ici que depuis l’adoption en 2003 d’une loi du cinéma, la production colombienne se développe et est passée de 4 longs métrages  par an avant 2003 à 16 en 2013 et 28 en 2014.

Ainsi, la Colombie offre des aides en matière de production cinématographique. D’un côté une Aide du ministère de la culture colombien, et de l’autre un mécanisme d’abattement fiscal.  L’aide du Ministère dispose d’un budget annuel assez faible de  4 220 000 € mais n’impose aucune localisation des dépenses et n’exige pas non plus de remboursement. De l’autre côté le dispositif fiscal est géré  par le fond Proimagenes Columbia Film Commission, avec un budget annuel de 11,5 millions euros. Le dispositif prévoit deux taux différents selon le statut des dépenses soumises par le producteur au titre du crédit d’impôt : 20% s’agissant des dépenses liées à la logistique du Film (et notamment hôtel, transport, catering) et atteint 40% des dépenses liées à la conception du film (et notamment pour sa préparation, son tournage et sa post production, y compris les prestation techniques et artistiques). Il est entendu que seules sont prises en compte les dépenses réalisées en Colombie.

 

 

Alors que la France constitue le principal marché d’exportation du cinéma colombien, le cinéma français rencontre et touche  lui aussi le public colombien. Et depuis ces dernières années les chiffres d’exploitation des films français dans le pays est en constante augmentation qu’il s’agisse du secteur commercial avec plus d’1,5 millions de spectateurs pour le premier semestre de 2015 ou le secteur non-commercial avec plus de 72 000 spectateurs en festival sur cette même période, particulièrement grâce au Festival de Cinéma Français.

 

Si l’Argentine et la Colombie ont des liens forts avec la France, les autres pays d’Amérique latine ne sont pas en reste et bénéficient également d’accords de coproduction avec le CNC.

 

Accord de coproduction et aides spécifiques au cinéma latino-américain

 

La France bénéficie par ailleurs d’accord de coproduction avec le Mexique, le Chili et le Venezuela. L’accord avec le Mexique est le plus souple, avec des pourcentages compris entre 20 et 80%, alors que ceux avec le Chili et le Venezuela prévoit un partage des apports entre 30 et 70%. On note toutefois s’agissant de l’accord avec le Chili que la part du coproducteur minoritaire peut toutefois être ramenée à vingt pour cent (20 %) après accord particulier des autorités compétentes des deux pays.

 

Le Mexique dispose de nombreuses aides, et surtout d’un système d’incitation fiscale très intéressant : MX-Eficine qui dispose d’un budget annuel de 39M d’euros. L’aide est sélective, non remboursable et peut s’élever jusqu’à 1,25 M d’euros. Le Mexican Film Institute propose également deux fonds d’aide différents : Fidecine et Foprocine, avec des budgets plus limités (4,5M d’euros et maximum 500 000 euros par film) et des critères plus stricts.

 

On peut également mettre en avant le partenariat entre l’Institut mexicain du cinéma et le CNC qui organise à Paris des rencontres professionnelles et un atelier de coproduction franco-mexicains.

 

A l’inverse les aides chiliennes sont très limitées avec un budget annuel de 300 000 euros pour l’écriture et de 4 millions d’euros pour la production. Les deux aides étant sélectives et les fonds remboursables. Néanmoins certains partenariats rencontrent du succès à l’instar du film de Marcela Said « L’été des poissons volants », sélectionné à la Quinzaine des réalisateur lors du festival de Cannes 2013.

 

Enfin le Venezuela propose via le centre national autonome de la cinématographie des aides sélectives et remboursables pouvant aller jusqu’à 1 050 000 euros pour un budget annuel de 10,3 millions d’euros. Il est par ailleurs entendu que le fonds alloués doivent être dépensés dans le pays. Le film « Pelo Melo » primé au Festival de San Sebastian en 2013, témoigne du succès de la collaboration entre les deux pays.

 

On note enfin que tous les pays cités dans l’article sont éligibles aux aides du fonds IBERMEDIA, une aide sélective pour les coproductions hispanophones et notamment latino-américaine. Le fond dispose d’un budget annuel de 3,8 millions d’euros et vient compléter le financement des films jusqu’à 110 000 euros. Et notons que le festival de San Sebastien propose un marché orienté vers les coproductions avec les pays d'Amerique latine, un endroit à fréquenter pour tout producteur intéressé par la coproduction avec ces pays.

 

Il n’est pas exagéré de conclure en disant que les relations entre la France et l’Amérique latine connaissent un développement significatif et rencontrent un succès auprès des publics français comme latino-américain. Aussi, l’Amérique latine est-elle un territoire à considérer en matière de coproduction cinématographique et offre des perspectives intéressantes aux producteurs français.

 

 

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